Et tu n’es pas revenu – Marceline LORIDAN-IVENS

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Grasset, 4 février 2015, 112 pages

Présentation de l’éditeur :

« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Mon avis :

Un petit livre, tout discret, tout mignon, mais qui cache une grande question : comment vivre après la déportation dans un camp de la mort ?

La narratrice adresse une lettre à son père, tellement peinée d’avoir perdu celle que celui-ci lui avait adressée dans le camp d’Auschwitz où ils étaient déporté ensemble. Perdue la lettre, oublié le texte, sauf l’en-tête et la signature.

Bien sûr, il y a des redites sur le fonctionnement du camp que l’on a déjà lu cent fois ailleurs : pourquoi le nom de Canada pour l’atelier des vêtements ; la manie de Madame Simone Veil de toujours subtiliser les petites cuillères. Mais l’auteur ajoute la déportation avec son père, l’apprentissage avec ce seul repère familial. 

De l’auteure, je ne connaissais rien. Il me tarde maintenant de découvrir son oeuvre cinématographique.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tomate et de l’oignon que le père donne à sa fille la dernière fois qu’il la voit.

Une vie bouleversée – Etty HILLESUM

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Points, 18 avril 1995, 361 pages

Résumé de l’éditeur :

Etty Hillesum est juive. Elle commence un journal en 1941, sa seule publication à ce jour. À 27 ans, sa foi en la vie, en l’homme et en l’art étonnent, d’autant que la guerre et ses mesures antisémites sévissent. Mais à peine en fait-elle part dans son journal qu’elle emploie plutôt à se dire, à comprendre sa relation au monde, aux autres et à Spier, l’homme qu’elle aime, également psychanalyste et disciple de Jung. Alors que l’humanité s’avilit, la voix de la jeune Néerlandaise s’élève comme une incantation, d’une pureté sans fard et sans naïveté.

En 1943, sa famille est déportée à Westerbork. Avant même d’être appelée, elle la rejoint, accomplissant le voeu qui clôture son journal : « On voudrait être un baume versé sur tant de plaies. » Les lettres qu’elle y écrit, réunies dans la seconde partie de ce volume, sont éblouissantes de foi et de lucidité mêlées. Sa liberté intérieure sonne, étrange et belle, dans les camps, jusqu’en ce 7 septembre 1943 qui l’emporte à Auschwitz. Et l’on se remet mal de son silence.

Mon avis :

Voici un livre qui se lit par petits bouts, pour en déguster chaque phrase et tenter d’en saisir le sens profond.

Il y a de la philosophie dans ces pages, et même de la foi.

Quelques citations :

« Et si Dieu cesse de m’aider, ce sera à moi d’aider Dieu. »

« On voudrait être un baume versé sur tant de plaies. »

« Dire que l’on a en soi assez d’amour pour pardonner à Dieu ! »