En attendant Bojangles – Olivier BOURDEAUT

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Finitude, 7 janvier 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Mon avis :

Malgré le fait que j’ai trouvé le personnage du narrateur peu crédible sur la fin (il grandit en âge et il reste pourtant naïf), j’ai aimé ce couple étrange qui peut s’offrir des fêtes et des rires comme on en rêve.

Il n’y a pas de quotidien, jamais de routine. Avec eux, Paris est une fête.

Et la fin, bien sûr, si belle, et qui nous laisse orphelin.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mademoiselle Superfétatoire, ce grand oiseau exotique qui fait partie de la famille.

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Les oreilles de Buster – Maria ERNESTAM

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Gaïa, 4 septembre 2011, 409 pages

Présentation de l’éditeur :

Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi ta cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée. 

Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime. 

Mon avis :

Je le reconnais, la couverture cul-cul la praline m’a longtemps tenue éloignée de ce roman. Et c’est fort dommage.

Une lecture qui m’a passionnée : le personnage d’Eva, d’abord enfant puis jeune fille amoureuse ; sa mère imprévisible ayant toujours un commentaire acerbe à faire ; le village dans lequel vit Eva maintenant avec ses habitants sympathiques et si bien campés.

Ceci dit, il ne fait pas bon vieillir en Suède…

Même si j’avais deviné le secret des rosiers d’Eva, je ne pensais pas qu’elle avait transformé cette souffrance d’enfance en si jolies pensées.

Son histoire d’amour malheureuse m’a émue.

Et le personnage de Sven est resté un mystère jusqu’au bout.

Sans oublier les fameuses oreilles, glissées sous un coin d’oreiller. Une petite fille qui a su vaincre ses peurs, sa vie en dépendait, mais qui est tout de même restée une jeune fille et une femme sensible.

Une bien belle lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle du collier et du pendentif en forme de rose qu’offre John à Eva, signe de son amour.

Boussole – Mathias ENARD

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Actes Sud, 19 août 2015, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Insomniaque, sous le choc d’un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d’une vie de voyages, d’étude et d’émerveillements.

Inventaire amoureux de l’incroyable apport de l’Orient à la culture et à l’identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d’influences artistiques pour panser les plaies du présent.

Mon avis :

Les boussoles ne servent pas toutes à indiquer le Nord. En l’occurrence, celle qu’offre Sarah au personnage principal indique l’est.

A la manière d’un Marcel Proust insomniaque, le narrateur nous donne à voir l’Orient depuis sa propre porte à Vienne : il nous emmène en Turquie, puis en Iran. Tel la Shéhérazade des Mille et Une nuits, il nous tient en haleine par son phrasé envoûtant parsemé de références musicales : celles des compositeurs européens jouant l’Orient, et celle des musiciens orientaux.

Il est également question de poésie et de grands écrivains qui, tel Hugo, prennent parfois leur inspiration à l’est du Bosphore.

L’auteur démontre ainsi qu’Orient et Occident sont entremêlé depuis toujours.

J’ai découvert que le premier vampire est né sous la plume d’un écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, avec son roman Carmilla.

L’auteur parle souvent de Hammer-Purgstall, autrichien grand traducteur de littérature orientale et considéré comme l’un des fondateur des études scientifiques de l’Empire ottoman.

Sans oublier le Divan de Hafez, ses oeuvres complètes qui regroupent plus de 900 poèmes, et qui ont influencés Goethe, entre autre.

Je n’ai pas cherché à comprendre toutes les références de l’auteur, je me suis laissée porter par sa plume de conteur, et ce fut un très beau voyage.

L’image que je retiendrai :

Celle du manque de communication entre Sarah et Franz, s’attendant l’un l’autre de chaque côté de la porte.

Quelques citations :

« Depuis Chateaubriand, on voyage pour raconter : on prend des images, support de la mémoire et du partage. » (p.102)

« Sur toute l’Europe souffle le vent de l’altérité, tous ces grands hommes utilisent ce qui leur vient de l’Autre pour modifier le Soi, pour l’abâtardir, car le génie veut la bâtardise, l’utilisation des procédés extérieurs pour ébranler la dictature du chant d’église et de l’harmonie. » (p.121)

« Il n’en reste pas moins que nous devons à l’Empire ottoman et à un de ses plus éminents diplomates un des joyaux de la peinture érotique européenne. » (p.284)

Au-delà de 125 palmiers – Pauline DESNUELLES

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La Remanence, 17 avril 2015, 108 pages

Présentation de l’éditeur :

Alma mène une existence routinière avec son jeune fils Léopold et son mari. Lorsque ce dernier part pour de longs mois en Antarctique à l’occasion d’une mission scientifique, l’univers de la jeune femme vacille. Accompagnée de Léopold, auquel la lie un amour fusionnel, elle fuit la ville et roule sans se retourner. Ils s’installent dans une vieille villa au bord de la Méditerranée. Elle y fait la connaissance d’un vieillard mythomane, écrivain esseulé, puis de son fils Gaspard.

Sous le charme des Pyrénées-Orientales, Alma se laisse aller à goûter cette douce échappée. Peu à peu, elle se libère de sa fragilité, de sa retenue, et se réconcilie avec une sensualité longtemps enfouie au plus profond d’elle-même. Elle sent alors renaître en elle des forces intérieures, comme resurgissent à l’esprit les paysages oubliés.

Mon avis :

Un personnage principal tout en douceur, lié à son fils par un lien maternel fort. Un mari absent dont on sent que le caractère autoritaire a fait perdre pied à Alma, au fil des jours.

J’ai aimé ce retour aux sources, ce retour au pays de l’enfance et de la mer. Alma se lance même dans l’apprentissage de la planche à voile.

J’ai aimé lire cette renaissance lente.

Seule la fin, incertaine, m’a déçue. Mais sait-on de quoi l’avenir sera fait ?…..

L’image que je retiendrai :

Celle des histoires lues à Léopold chaque soir, dont l’une ouvre le récit.

Merci Yv pour ce beau livre voyageur avec lequel j’ai passé une belle après-midi hors du temps. Hélène a un avis plus mitigé, il s’envole maintenant vers Zazy…

Kamouraska – Anne HEBERT

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Points, 27 décembre 2006, 245 pages

Présentation de l’éditeur :

Au milieu de XIX siècle, dans la ville de Québec, une femme veille son mari qui va mourir. Elle n’est là qu’en apparence car elle revit, instant par instant, fragment par fragment, sa propre histoire. Une histoire de fureur et de neige, une histoire d’amour éperdu.

Mon avis :

Une écriture en plein songe, un rythme particulier pour une histoire d’amour qui transcende les générations.

Une héroïne délaissée par sa mère, élevée par ses trois tantes qui ne cessent jamais de la voir comme une « petite ». Une femme maltraitée par son mari et qui cherche à le tuer par tous les moyens.

Un médecin amoureux au-delà du raisonnable dans une société corseté.

Si l’histoire d’amour ne m’a pas passionnée, j’ai aimé le rythme si particulier des phrases d’une héroïne qui se raconte entre veille et sommeil.

L’image que je retiendrai :

Celle du magnifique traineau du médecin qui part en plein hiver à Kamouraska.

Merci Yueyin pour cette idée de lecture.