Les échoués – Pascal MANOUKIAN

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Don Quichotte, 20 août 2015, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir.

Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.

Mon avis :

Une lecture qui commençait bien : des analyses intéressantes sur le sujet des réfugiés, les conditions de leur arrivée en Europe, leurs conditions de vie. Et même si les histoires de chacun débutent quand ils se font pisser dessus, baste, j’ai continué ma lecture.

Et puis est arrivé le moment « Disney » tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et là, le récit s’est enlisé façon conte de fées. Dommage.

Une lecture qui reste intéressante toutefois pour les éclairage qu’elle propose sur le phénomène migratoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Virgil et Assan mangeant sur une poutrelle d’un immeuble façon gratte-ciel américain.

Un fond de vérité – Zygmunt MILOSZEWSKI

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Mirobole Editions, 6 janvier 2015, 472 pages

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté son travail de procureur à Varsovie et débarque dans la paisible bourgade de Sandomierz, où il compte bien refaire sa vie. Mais six mois à peine après avoir abandonné l’agitation de la capitale et l’asphyxie de son mariage, il s’ennuie déjà.

Heureusement, devant l’ancienne synagogue de la vieille ville, du travail l’attend : un corps de femme drainé de son sang, tout comme dans un rite sacrificiel juif…

Lorsque le mari de la victime subit le même sort, la population de la ville renoue avec des peurs vieilles de plusieurs décennies. Aux prises avec une flambée d’antisémitisme sans précédent, Szacki va devoir plonger dans un passé aux échos douloureux, et tenter de trouver la vérité dans une histoire qui déchaîne toutes les passions.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Les impliqués, premier roman de l’auteur. Je retrouve avec plaisir son personnage principal dans une nouvelle enquête.

Je ne connais pas la Pologne, mais l’auteur m’a donné envie de découvrir la ville de Sandomierz au printemps.

Outre le fait que tout le monde ment, Teodore cherche toujours le fond de vérité dans chaque déclaration.

Ne vous y méprenez pas, il y a aussi de l’action dans ce roman. Mais pas de poursuite en voiture, ouf !

L’auteur s’appuie cette fois-ci sur la vieille légende polonaise du « Prix du sang » : les Juifs auraient pour coutume d’enlever les enfants polonais pour fair leur pain azyme (si, si, c’est une légende urbaine qui a vraiment existé). Impressionnant !

L’action se déroule sur quelques jours, et l’auteur se plait, avant chaque début de journée, à nous rappeler les faits marquants du jour, ainsi que la météo.

L’image que je retiendrai :

Celle des galeries souterraines de la ville, creusées dans du loess par les habitants au fil des ans pour y cacher leurs trésors.

Je remercie l’auteur qui parle très bien français pour sa dédicace fleurie lors du salon Sang d’encre à Vienne en novembre 2015.

La compassion du diable – Fabio M. MITCHELLI

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Fleur sauvage, 6 octobre 2014, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

1963 – Une nuit dans l’Ohio… impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique.

1981 – Deux enquêteurs, hantés par leur passé.

Le cannibale de Cleveland… et vous. Votre compassion… celle pour le diable.

Mon avis :

En préambule, l’auteur déclare s’être appuyé sur des faits divers qui se sont réellement déroulés aux Etats-Unis ; ainsi que sur les vies meurtrières de Jeffrey Dahmer et Anthony Sowell. Si comme moi vous ne savez rien d’eux, tant mieux, la surprise n’en sera que plus grande.

L’auteur nous offre une immersion dans la ville de Cleveland pendant les années 80, ébranlée par la découverte d’une série de meurtres.

Les deux enquêteurs, Freddy et Victoria ne sont pas clairs dès le début. Le mystère plane.

Une écriture efficace au service du suspens, même si l’auteur a un peu trop tendance à répéter que l’on suit le diable sans vraiment le faire sentir. Dommage.

Un auteur prometteur qui n’en est pas à son coup d’essai, son premier roman La verticale du fou avait connu un engouement de téléchargement.

Pour l’anecdote : un auteur né la même année que moi et dans la même ville, le monde est si petit.

L’image que je retiendrai :

Celle du baril dans l’appartement du coupable dans lequel se décompose les corps.

Merci à l’auteur pour sa dédicace lors des journées Sang d’Encre à Vienne en novembre 2015.

Les ennemis de la vie ordinaire – Héléna MARIENSKE

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Flammarion, 19 août 2015, 322 pages

Présentation de l’éditeur :

Sept personnages addicts (alcoolisme, sport, jeux d’argent, sexe, cocaïne, etc.) sont réunis par Clarisse, la psy qui les suit, pour des séances de thérapie de groupe. Mais la cure ne les aide pas et ils décident tous les sept de s’associer pour gagner des tournois de poker en trichant et avoir enfin les moyens financiers pour nourrir leurs addictions.

Mon avis :

Certains portraits sont forts drôles, notamment  celui du prêtre qui ressemble au pape François.

Certains passages prêtent à sourire.

Mais la dernière partie pendant les entraînement au poker m’a moins passionnée. Et j’aurais aimé en savoir plus sur Clarisse, la psy à l’origine de ce grand bazar.

Au final, des personnages attachants dans une histoire sympathique.

L’image que je retiendrai :

Celle du prêtre JC jouant au tournoi international de Las Vegas déguisé en pape François.

Fable d’amour – Antonio MORESCO

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Editions Verdier, 20 août 2015, 125 pages

Présentation de l’éditeur :

Le récit commence, se construit, et s’achève comme une fable : un vieux clochard, arrivé au plus bas de la déchéance sociale et physique, entre cartons souillés et sacs en plastique, dont le seul ami est un fidèle pigeon, fait la rencontre de la « jeune fille merveilleuse » qui le sauve par amour.

Mon avis :

Après « La petite lumière » du même auteur que j’avais beaucoup aimé, je ne pouvais passer à côté du nouveau roman d’Antonio Moresco.

Je parle de roman car l’auteur lui-même a nommé son texte ainsi. Pourtant, comme son titre l’indique, il s’agit d’une fable qui commence par « Il était une fois ».

Quelques répétitions alourdissent parfois le texte, mais j’ai aimé cette fable d’amour entre le vieux fou et la merveilleuse fille, répété tel un mantra.

La note en fin d’ouvrage de la main de l’auteur éclaire plus profondément ce texte émouvant qui fait partie d’un triptyque (la troisième partie n’étant pas encore traduite).

L’image que je retiendrai :

Celle de la neige qui recouvre le décor ainsi que le vieux fou et la merveilleuse fille d’un voile blanc de douceur.