Le vieil homme et le mer – Ernest HEMINGWAY

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Futuropolis, 9 octobre 2014, 128 pages

Présentation de l’éditeur :

La mer abrite des millions de poissons, mais le vieux pêcheur n’a rien pris depuis quatre-vingt-cinq jours. Le Vieil Homme et la mer, durant trois jours entiers, se retrouvent face à face.

Rare élément féminin dans ce récit qui oppose deux volontés viriles et où la douceur maternelle provient d’un gamin, la mer est le lieu du lien. Lien entre le vieil homme et l’espadon, entre le pêcheur et la vie, lien entre le retour et le départ, l’eau est un lieu de séjour transitoire entre la vie et la mort. A peine un purgatoire, car l’on imagine mal cet homme à l’âme sublime avoir commis aucun péché, la mer fait surgir en lui des sentiments d’amour profond, de respect pour la vie, mais aussi de manque et de lassitude.

Mon avis :

Un dessin sobre, deux cases par page, tout en couleurs : le bleu si beau de la nuit, le rouge et jaune de l’Afrique, l’orange de Cuba.

Un enfant qui raconte l’histoire du pêcheur aux prises avec un poisson plus gros que lui, plus gros que la vie.

Une lecture marquante par son graphisme.

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Neverhome – Laird HUNT

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Actes sud, 2 septembre 2015, 256 pages

Présentation de l’éditeur :

Pendant la Guerre de Sécession, une jeune femme se travestit en homme pour aller combattre à la place de son trop fragile compagnon.

Réinventant l’imagerie dont se nourrit la représentation de la guerre en faisant cohabiter innocence et cruauté, bonté et abominable férocité, ce conte cruel, abondant en visions cauchemardesques et rencontres aux frontières du réel avec les monstres que la guerre fait des hommes et des lieux, propose, sous le signe de la permanente anamorphose qui caractérise le périlleux périple de son androgyne protagoniste, une méditation sur la fragilité de nos certitudes et l’ambivalence de toute réalité.

Mon avis :

Un roman qui nous plonge dans la Guerre de Sécession, mais qui nous fait surtout réfléchir sur la place de la femme dans toute guerre et l’impossible retour à la maison. Un roman qui résonne fortement en cette période trouble.

Sur la guerre vue du petit bout de la lorgnette, j’avais préféré « Le voyage de Robbey Child« . Ce roman-ci nous parle plus de « l’arrière » que du front et des batailles.

Une lecture exigeante et au contenu plus profond qu’il n’y parait.

Un petit bémol : les nombreux changement de garde-robe du personnage principal, entre robes et tenues de soldats.

L’image que je retiendrai :

Celle du service en porcelaine fine de l’infirmière sudiste qui soigne l’héroïne. Service dont elle prend grand soin et qui permet de reprendre pied loin du fracas de la guerre.

Théoma, Aifelle, Anne, Kathel et Dasola ont été plus sensible que moi à la poésie des mots de l’auteure.

Kamouraska – Anne HEBERT

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Points, 27 décembre 2006, 245 pages

Présentation de l’éditeur :

Au milieu de XIX siècle, dans la ville de Québec, une femme veille son mari qui va mourir. Elle n’est là qu’en apparence car elle revit, instant par instant, fragment par fragment, sa propre histoire. Une histoire de fureur et de neige, une histoire d’amour éperdu.

Mon avis :

Une écriture en plein songe, un rythme particulier pour une histoire d’amour qui transcende les générations.

Une héroïne délaissée par sa mère, élevée par ses trois tantes qui ne cessent jamais de la voir comme une « petite ». Une femme maltraitée par son mari et qui cherche à le tuer par tous les moyens.

Un médecin amoureux au-delà du raisonnable dans une société corseté.

Si l’histoire d’amour ne m’a pas passionnée, j’ai aimé le rythme si particulier des phrases d’une héroïne qui se raconte entre veille et sommeil.

L’image que je retiendrai :

Celle du magnifique traineau du médecin qui part en plein hiver à Kamouraska.

Merci Yueyin pour cette idée de lecture.

Sang impur – Hugo HAMILTON

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Points, 4 janvier 2007, 346 pages

Présentation de l’éditeur :

Issue de l’union d’une Berlinoise antinazie avec un nationaliste irlandais, une portée de gamins grandit dans les quartiers misérables du Dublin des années 1960. Talochés par un père dont les échecs affligent tout la famille, les petits Hamilton essuient au dehors les insultes du voisinage. Mais auprès de leur douce mère, Hugo, Franz et Maria apprennent le bonheur d’être en vie, de s’aimer et de se serrer fort contre les siens.

Mon avis :

J’ai plongé avec délice dans cette enfance chaotique et malmenée où l’histoire de la mère ressurgit au détour des pages, par épisode.

L’histoire d’une jeune femme pendant la guerre obligée de gagner sa vie au milieu des « gens du poing » avec pour seule force son « non silencieux ». Une jeune femme partie en pèlerinage à la fin de la guerre en Irlande et qui tombe amoureux d’un idéaliste.

Une enfance à la dure avec un père qui ne voulait parler qu’irlandais et qui éduque ses enfants en ce sens avec des méthodes des années 50.

Des enfants unis contre les autres enfants qui les traitent de « nazis » et n’hésitent pas à les frapper.

Mais une famille unie autour des gâteaux que la mère confectionne amoureusement.

L’image que je retiendrai :

Celle des nombreux bébés de la famille venant enrichir le cercle familial au fil des années.

Poulets grillés – Sophie HENAFF

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Albin Michel, 8 avril 2015, 350 pages

Résumé de l’éditeur :

Lorsque le divisionnaire Buron décide de faire briller les statistiques du 36, il regroupe dans une brigade dont il confie le commandement à la commissaire Anne Capestan, reine notoire de la bavure, tout ce que la police judiciaire compte d’alcoolos, d’homos, de porte-poisse, d’écrivains, de crétins… Pour élucider des affaires classées. Mais voilà, Capestan aime enquêter, travailler en équipe et, surtout, contrarier sa hiérarchie.

Mon avis :
Non, ce livre n’est pas un condensé de recettes de cuisine autour du poulet. Ce roman fort drôle nous raconte les aventures rocambolesques d’un commissariat de police unique car composé de personnes mis au placard pour diverses raisons.
Le roman est comme son titre : drôle et bien vue.
Les personnages sont bien campés, chacun ayant un personnalité propre qui l’a fait mettre sur la touche. L’enquête est passionnante car jamais on ne soupçonne le coupable.
Même le commissariat nouvellement créé au 5ème étage d’un immeuble a de la gueule.
Une brigade hors-norme, que je retrouverai avec plaisir.
L’image que je retiendrai :
Celle de la course-poursuite pour l’arrestation du suspect en moto crottes.