La dame de pierre – Xavier-Marie BONNOT

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Belfond, 1er octobre 2015, 438 pages

Présentation de l’éditeur :

De la famille Verdier, il ne reste plus qu’eux, Pierre et Claire, le frère et la sœur. Lui, a repris la ferme familiale, dans la vallée de Saint-Vincent, auprès de leur montagne. Elle, vit à Paris. De l’existence de sa sœur, il ne sait rien, ou si peu de choses. Simplement qu’elle lui rendra toujours visite, immanquablement, deux fois l’an, dans cette maison de famille où rien n’a changé.

Mais cette fois-là, c’est différent. Claire a des cauchemars. Toutes les nuits, elle a peur pour une certaine Vicky, et prétend qu’elle-même sera bientôt morte. Pour Pierre, l’homme de la terre, les secrets et les névroses de sa sœur ne sont que des faiblesses.

Un matin d’hiver pourtant, Claire part et ne revient pas. Lorsqu’on retrouve son corps sans vie, étrangement vêtu, c’est Pierre qui est désigné comme le coupable. Pierre est seul à présent. Lui, le taciturne qui vit reclus depuis le drame qui a brisé sa carrière d’alpiniste, aurait-il pu commettre l’irréparable ? Tant il est vrai que dans la famille Verdier les mystères et les secrets sont légions. Et qui est cette Vicky dont personne dans l’entourage de Claire ne semble connaître l’existence ? Pierre comprendra bien tard qu’elle était le secret le mieux caché de sa sœur…

Mon avis :

Ne vous fiez pas à la présentation de l’éditeur, le secret le mieux caché de Claire, on le devine rapidement.

Mais là n’est pas l’essentiel. Car si tout se dévoile au fur et à mesure de la lecture, ce n’est que pour mieux  rajouter une couche de suspens. Un coin du voile se lève quand un autre mystère apparait.

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le pays oublié du temps. Je retrouve avec plaisir sa plume qui m’emmène cette fois-ci dans les montagnes de l’Isère, auprès de ces guides de haute-montagne qui risquent leur vie pour le plaisir d’ouvrir une cordée.

L’auteur nous parle également des ravages de la justice qui sacrifie un coupable que tout désigne, Pierre y perdra son cheptel.

J’ai aimée la fin si triste mais si proche de la réalité.

L’image que je retiendrai :

Celle des mains de Paul habituées au froid des glaciers et qui font aussi naître des chevreaux.

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En attendant Bojangles – Olivier BOURDEAUT

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Finitude, 7 janvier 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Mon avis :

Malgré le fait que j’ai trouvé le personnage du narrateur peu crédible sur la fin (il grandit en âge et il reste pourtant naïf), j’ai aimé ce couple étrange qui peut s’offrir des fêtes et des rires comme on en rêve.

Il n’y a pas de quotidien, jamais de routine. Avec eux, Paris est une fête.

Et la fin, bien sûr, si belle, et qui nous laisse orphelin.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mademoiselle Superfétatoire, ce grand oiseau exotique qui fait partie de la famille.

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Dans le grand cercle du monde – Joseph BOYDEN

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Le livre de poche, 30 septembre 2015, 696 pages

Présentation de l’éditeur :

Au XVIIe siècle, dans les espaces sauvages du Canada, les voix d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron et d’une captive iroquoise tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures. Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance.

Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre.

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le chemin des âmes il y a quelques années. Je me réjouissais donc à l’idée de plonger de nouveau dans l’univers de l’auteur.

Qui plus est, le décor et les personnages étaient tentant : des tribus indiennes au Québec et l’arrivée du christianisme. Champlain fait même une apparition.

Mais la sauce n’a pas pris cette fois-ci.

Ca commençait pourtant fort, en pleine bataille hurons-iroquois, avec une captive de l’autre tribu et un captif prêtre.

Oui mais c’est trop délayé alors que l’auteur ne cesse de répéter le but de chacun.

Et puis je n’ai pas retrouvé la petite musique de l’auteur qui m’avait tant plus la fois précédente.

Un abandon.

La septième fonction du langage – Laurent BINET

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Grasset, 19 août 2015, 496 pages

Présentation de l’éditeur :

Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L’hypothèse est qu’il s’agit d’un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l’époque, tout le monde est suspect…

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de l’auteur de HHhH, que j’avais beaucoup aimé.

Que dire de ce roman foisonnant qui n’ai déjà été dit ? Je me suis replongée dans mes années de fac en compagnie des idées de Roland Barthes, et j’ai découvert les personnalités de Foucault, Sollers et Kristeva. Enfin, les personnalités passées par l’imagination de l’écrivain.

Un roman qui nous replonge dans les années 1980, juste avant l’élection présidentielle.

Le Logos Club, dont j’ai trouvé l’idée originale, m’a moins parlée.

J’ai également rencontré Giscard et Mitterand dans l’intimité, ou presque.

Quant au personnage de l’enquêteur et de son acolyte, je les ai adorés.

Mais je suis un peu triste en refermant ce roman, car au fond, peu importe qui a tué Roland Barthes. Quel dommage…..

L’image que je retiendrai :

L’auteur se venge-t-il de Philippe Sollers en lui réservant  le sort qui est le sien en fin de roman ?

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Les corps inutiles – Delphine BERTHOLON

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JC Lattès, 4 février 2015, 300 pages

Présentation de l’éditeur :

Clémence vient d’avoir quinze ans, de terminer le collège. Un nouveau cycle s’ouvre à elle lorsqu’elle est agressée, en plein jour et en pleine rue par un inconnu armé d’un couteau. Ce traumatisme inaugural – même si elle n’en a pas encore conscience – va contaminer toute son existence. En effet, l’adolescente réalise qu’elle perd progressivement le sens du toucher…

À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés.

Mon avis :

Une lecture difficile sur les traumatismes et les conséquences d’une agression sur une jeune fille de 15 ans qui ne bénéficie d’aucune écoute dans sa famille.

Petit à petit, elle ne ressent plus rien : ni les brulures ni les gelures et offre son corps au premier venue chaque 29 du mois, date anniversaire de son agression.

Jusqu’au jour où elle retrouve les sensations dans les bras d’un homme. Si ce procédé relance l’histoire, il m’a paru quelque peu artificiel.

J’ai bien aimé le personnage de Christophe qui vient apporter un peu d’humanité autour de Clémence qui ne peut pas le trouver dans sa famille.

J’ai vraiment été dérangé dans ma lecture par ce rapport si particulier au corps, mais cela était sans doute voulu par l’auteure. Mais j’ai bien aimé tout de même sa conclusion : un corps pas si inutile que cela malgré tout.

L’image que je retiendrai :

Celle de Clémence se changeant dans les toilettes d’une station-service chaque 29 au soir, jusqu’au dernier soir si particulier.