Les échoués – Pascal MANOUKIAN

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Don Quichotte, 20 août 2015, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir.

Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.

Mon avis :

Une lecture qui commençait bien : des analyses intéressantes sur le sujet des réfugiés, les conditions de leur arrivée en Europe, leurs conditions de vie. Et même si les histoires de chacun débutent quand ils se font pisser dessus, baste, j’ai continué ma lecture.

Et puis est arrivé le moment « Disney » tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et là, le récit s’est enlisé façon conte de fées. Dommage.

Une lecture qui reste intéressante toutefois pour les éclairage qu’elle propose sur le phénomène migratoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Virgil et Assan mangeant sur une poutrelle d’un immeuble façon gratte-ciel américain.

Magnus – Sylvie GERMAIN

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Folio, 7 juin 2007, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

 » D’un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ?  »

Franz-Georg, le héros de Manus, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance, il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu’au jour de sa naissance. Il lui faut tout réapprendre, ou plutôt désapprendre ce passé qu’on lui a inventé et dont le seul témoin est un ours en peluche à l’oreille roussie : Magnus.

Dense, troublante, cette quête d’identité a la beauté du conte et porte le poids implacable de l’Histoire.

Mon avis :

J’étais persuadée d’avoir déjà lu l’histoire de cet ours et du jeune garçon qui a perdu la mémoire. Mais non !

J’ai donc découvert la plume de l’auteure avec ce titre, Prix Goncourt des lycéens en 2005.

Plus que son style, j’ai aimé la façon dont elle raconte la vie de ce jeune garçon devenu un homme sans identité fixe. A l’heure du débat sur la déchéance de nationalité, ce récit met en perspective l’agitation politique.

Une auteure que je retrouverai avec plaisir.

L’image que je retiendrai :

Celle des diamants qui pleurent dans les yeux de l’ours.

La dame de pierre – Xavier-Marie BONNOT

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Belfond, 1er octobre 2015, 438 pages

Présentation de l’éditeur :

De la famille Verdier, il ne reste plus qu’eux, Pierre et Claire, le frère et la sœur. Lui, a repris la ferme familiale, dans la vallée de Saint-Vincent, auprès de leur montagne. Elle, vit à Paris. De l’existence de sa sœur, il ne sait rien, ou si peu de choses. Simplement qu’elle lui rendra toujours visite, immanquablement, deux fois l’an, dans cette maison de famille où rien n’a changé.

Mais cette fois-là, c’est différent. Claire a des cauchemars. Toutes les nuits, elle a peur pour une certaine Vicky, et prétend qu’elle-même sera bientôt morte. Pour Pierre, l’homme de la terre, les secrets et les névroses de sa sœur ne sont que des faiblesses.

Un matin d’hiver pourtant, Claire part et ne revient pas. Lorsqu’on retrouve son corps sans vie, étrangement vêtu, c’est Pierre qui est désigné comme le coupable. Pierre est seul à présent. Lui, le taciturne qui vit reclus depuis le drame qui a brisé sa carrière d’alpiniste, aurait-il pu commettre l’irréparable ? Tant il est vrai que dans la famille Verdier les mystères et les secrets sont légions. Et qui est cette Vicky dont personne dans l’entourage de Claire ne semble connaître l’existence ? Pierre comprendra bien tard qu’elle était le secret le mieux caché de sa sœur…

Mon avis :

Ne vous fiez pas à la présentation de l’éditeur, le secret le mieux caché de Claire, on le devine rapidement.

Mais là n’est pas l’essentiel. Car si tout se dévoile au fur et à mesure de la lecture, ce n’est que pour mieux  rajouter une couche de suspens. Un coin du voile se lève quand un autre mystère apparait.

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le pays oublié du temps. Je retrouve avec plaisir sa plume qui m’emmène cette fois-ci dans les montagnes de l’Isère, auprès de ces guides de haute-montagne qui risquent leur vie pour le plaisir d’ouvrir une cordée.

L’auteur nous parle également des ravages de la justice qui sacrifie un coupable que tout désigne, Pierre y perdra son cheptel.

J’ai aimée la fin si triste mais si proche de la réalité.

L’image que je retiendrai :

Celle des mains de Paul habituées au froid des glaciers et qui font aussi naître des chevreaux.

Deux gouttes d’eau – Jacques EXPERT

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Sonatine, 22 janvier 2015, 330 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, massacrée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences.

Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau…

Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de cet auteur que j’avais découvert avec La femme du monstre il y a quelques années (et qui, à mon avis, reste son meilleur).

L’action se déroule entre les murs du commissariat de police où Laforge, que l’on devine colérique et emporté, tente de faire craquer le suspect. Mais il tombe sur plus fort que lui.

L’histoire des jumeaux, depuis leur conception jusqu’à l’âge adulte nous est contée en courts chapitres qui s’intercalent dans la narration principale.

Dans ce roman, même les personnages du côté de la loi ne sont pas des gentils, et les méchants jouent sur toute la palette des sentiments pour attendrir leur prochain.

Bref, un roman que l’on ne lâche pas, mais qui nous laisse tout de même en pleine incertitude…..

L’image que je retiendrai :

Celle de la pluie qui tombe sans interruption pendant cette nuit de garde à vue.