Les échoués – Pascal MANOUKIAN

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Don Quichotte, 20 août 2015, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir.

Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.

Mon avis :

Une lecture qui commençait bien : des analyses intéressantes sur le sujet des réfugiés, les conditions de leur arrivée en Europe, leurs conditions de vie. Et même si les histoires de chacun débutent quand ils se font pisser dessus, baste, j’ai continué ma lecture.

Et puis est arrivé le moment « Disney » tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et là, le récit s’est enlisé façon conte de fées. Dommage.

Une lecture qui reste intéressante toutefois pour les éclairage qu’elle propose sur le phénomène migratoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Virgil et Assan mangeant sur une poutrelle d’un immeuble façon gratte-ciel américain.

Magnus – Sylvie GERMAIN

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Folio, 7 juin 2007, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

 » D’un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ?  »

Franz-Georg, le héros de Manus, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance, il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu’au jour de sa naissance. Il lui faut tout réapprendre, ou plutôt désapprendre ce passé qu’on lui a inventé et dont le seul témoin est un ours en peluche à l’oreille roussie : Magnus.

Dense, troublante, cette quête d’identité a la beauté du conte et porte le poids implacable de l’Histoire.

Mon avis :

J’étais persuadée d’avoir déjà lu l’histoire de cet ours et du jeune garçon qui a perdu la mémoire. Mais non !

J’ai donc découvert la plume de l’auteure avec ce titre, Prix Goncourt des lycéens en 2005.

Plus que son style, j’ai aimé la façon dont elle raconte la vie de ce jeune garçon devenu un homme sans identité fixe. A l’heure du débat sur la déchéance de nationalité, ce récit met en perspective l’agitation politique.

Une auteure que je retrouverai avec plaisir.

L’image que je retiendrai :

Celle des diamants qui pleurent dans les yeux de l’ours.

La dame de pierre – Xavier-Marie BONNOT

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Belfond, 1er octobre 2015, 438 pages

Présentation de l’éditeur :

De la famille Verdier, il ne reste plus qu’eux, Pierre et Claire, le frère et la sœur. Lui, a repris la ferme familiale, dans la vallée de Saint-Vincent, auprès de leur montagne. Elle, vit à Paris. De l’existence de sa sœur, il ne sait rien, ou si peu de choses. Simplement qu’elle lui rendra toujours visite, immanquablement, deux fois l’an, dans cette maison de famille où rien n’a changé.

Mais cette fois-là, c’est différent. Claire a des cauchemars. Toutes les nuits, elle a peur pour une certaine Vicky, et prétend qu’elle-même sera bientôt morte. Pour Pierre, l’homme de la terre, les secrets et les névroses de sa sœur ne sont que des faiblesses.

Un matin d’hiver pourtant, Claire part et ne revient pas. Lorsqu’on retrouve son corps sans vie, étrangement vêtu, c’est Pierre qui est désigné comme le coupable. Pierre est seul à présent. Lui, le taciturne qui vit reclus depuis le drame qui a brisé sa carrière d’alpiniste, aurait-il pu commettre l’irréparable ? Tant il est vrai que dans la famille Verdier les mystères et les secrets sont légions. Et qui est cette Vicky dont personne dans l’entourage de Claire ne semble connaître l’existence ? Pierre comprendra bien tard qu’elle était le secret le mieux caché de sa sœur…

Mon avis :

Ne vous fiez pas à la présentation de l’éditeur, le secret le mieux caché de Claire, on le devine rapidement.

Mais là n’est pas l’essentiel. Car si tout se dévoile au fur et à mesure de la lecture, ce n’est que pour mieux  rajouter une couche de suspens. Un coin du voile se lève quand un autre mystère apparait.

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le pays oublié du temps. Je retrouve avec plaisir sa plume qui m’emmène cette fois-ci dans les montagnes de l’Isère, auprès de ces guides de haute-montagne qui risquent leur vie pour le plaisir d’ouvrir une cordée.

L’auteur nous parle également des ravages de la justice qui sacrifie un coupable que tout désigne, Pierre y perdra son cheptel.

J’ai aimée la fin si triste mais si proche de la réalité.

L’image que je retiendrai :

Celle des mains de Paul habituées au froid des glaciers et qui font aussi naître des chevreaux.

Deux gouttes d’eau – Jacques EXPERT

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Sonatine, 22 janvier 2015, 330 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, massacrée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences.

Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau…

Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de cet auteur que j’avais découvert avec La femme du monstre il y a quelques années (et qui, à mon avis, reste son meilleur).

L’action se déroule entre les murs du commissariat de police où Laforge, que l’on devine colérique et emporté, tente de faire craquer le suspect. Mais il tombe sur plus fort que lui.

L’histoire des jumeaux, depuis leur conception jusqu’à l’âge adulte nous est contée en courts chapitres qui s’intercalent dans la narration principale.

Dans ce roman, même les personnages du côté de la loi ne sont pas des gentils, et les méchants jouent sur toute la palette des sentiments pour attendrir leur prochain.

Bref, un roman que l’on ne lâche pas, mais qui nous laisse tout de même en pleine incertitude…..

L’image que je retiendrai :

Celle de la pluie qui tombe sans interruption pendant cette nuit de garde à vue.

Le tabac Tresniek – Robert SEETHALER

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Sabine Wespieser Editeur, 2 octobre 2014, 249 pages

Présentation de l’éditeur :

En août 1937, le jeune Franz Huchel, contraint de gagner sa vie, quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour apprendre un métier à Vienne chez Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique, qui ne plaisante pas avec l’éthique de la profession.

Au Tabac Tresniek, se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente. La tâche du garçon consistera d’abord à retenir les habitudes et les marottes des clients – comme celles du « docteur des fous », le vénérable Freud en personne, toujours grand fumeur de havanes – et aussi à aiguiser son esprit par la lecture approfondie des journaux, laquelle est pour Otto Tresniek l’alpha et l’oméga de la profession.

Mais, si les rumeurs de plus en plus menaçantes de la montée du national-socialisme et la lecture assidue de la presse font rapidement son éducation politique, sa connaissance des femmes, elle, demeure très lacunaire.

Eperdument amoureux d’une jeune artiste de variété prénommée Anezka et ne sachant à quel saint se vouer, il va chercher conseil auprès du célèbre professeur, qui habite à deux pas. Bien qu’âgé et tourmenté par son cancer de la mâchoire, Freud n’a rien perdu de son acuité intellectuelle, mais se déclare incompétent pour les choses de l’amour.

Il va pourtant céder à l’intérêt tenace que lui témoigne le jeune garçon, touché par sa sincérité et sa vitalité. Une affection paradoxale s’installe ainsi entre le vieux Freud et ce garçon du peuple, vif et curieux, à qui il ouvre de nouveaux horizons. Mais les temps ne sont guère propices aux purs et, dès mars 1938, l’Anschluss va mettre un terme brutal à l’apprentissage de Franz et à sa prestigieuse amitié.

Mon avis :

Que je me suis ennuyée dans ce tabac, malgré les pérégrinations amoureuses du jeune Franz. Il est vrai qu’en général, les roman de formation ne me passionnent plus tellement.

L’amitié avec Freud m’a paru factice. Seul le personnage d’Otto, vieux juif renfermé, m’a intéressé.

Je n’ai pas compris l’humour viennois.

Les tâches de couleur de la narration ont tout de même égaillées ma lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle du pantalon d’Otto accroché au mas de l’hôtel de ville, et flottant au vent entre deux étendards à croix gammée.

Wolf – Kristina IEKABSONE

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Editions Mélibée, 18 décembre 2015, 76 pages

Présentation de l’éditeur :

Peut-on tuer par amour ? Peut-on survivre au dit « Syndrome de Stockholm » ? Peut-on vivre avec le Syndrome de Stockholm ?

À travers des lieux parisiens, WOLF vous plonge dans cet univers que la société cache…Vous allez entrer dans la complexité des sentiments…

Mon avis :

Disons-le tout de suite, il s’agit du premier roman d’une jeune femme de 18 ans. Il souffre donc de quelques imprécisions : des ellipses qui font perdre le fil du récit et de qui parle ; un numéro de téléphone plus attribué mais qui, quelques pages plus loin répond tout de même (ou alors c’est moi qui n’ai pas tout compris de la chronologie).

Un récit qui aurait mérité d’être plus long et donc plus dense pour poser vraiment les personnages et les lieux.

Un dernier paragraphe un peu naïf, mais on pardonnera le jeune âge de l’auteure.

L’image que je retiendrai :

Celle de Blondine servant dans un bar (allez comprendre pourquoi !).

Je remercie les Editions Mélibée pour l’envoi de ce premier roman au sujet intéressant.

En attendant Bojangles – Olivier BOURDEAUT

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Finitude, 7 janvier 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Mon avis :

Malgré le fait que j’ai trouvé le personnage du narrateur peu crédible sur la fin (il grandit en âge et il reste pourtant naïf), j’ai aimé ce couple étrange qui peut s’offrir des fêtes et des rires comme on en rêve.

Il n’y a pas de quotidien, jamais de routine. Avec eux, Paris est une fête.

Et la fin, bien sûr, si belle, et qui nous laisse orphelin.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mademoiselle Superfétatoire, ce grand oiseau exotique qui fait partie de la famille.

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Ritzy – Pauline-Gaïa LABURTE

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Albin Michel, 3 février 2016, 208 pages

Présentation de l’éditeur :

Tout commence par une scène pastorale dans les montagnes bleues du Valais. Sauf que le petit berger suisse au milieu de son troupeau bêlant n’a rien d’un sujet de porcelaine. Le jeune César rêve de Paris et de gloire. Le moyen d’y parvenir ? L’hôtellerie. Il est sûr de son destin : un jour son nom rimera partout avec luxe et élégance.

Ainsi débute l’extraordinaire histoire de César Ritz, monomaniaque et infatigable génie entrepreneur. De Lucerne à la Riviera, du Savoy de Londres au Ritz de Paris, homme de l’ombre des grands de ce monde, il construira un empire. Mais sous les stucs et les moulures dorées, se cachent les angoisses de ce visionnaire, qui finira par sombrer dans la folie, continuant de griffonner frénétiquement des plans d’hôtel dans un asile des bords du lac de Lucerne.

Mon avis :

D’ordinaire, je ne suis pas fan de biographie. Mais celle de l’homme qui créa le Ritz m’attira telle la pie avec tout ce qui brille.

De César, je ne connaissais rien, dans mon ignorance crasse, même pas que le nom venait d’un homme qui avait gravit les échelons de l’hôtellerie à la force de son travail et de son imagination.

J’ai aimé que cette biographie ne soit pas une somme mais un récit au rythme enlevé, infatigable, comme cet homme qui a forgé son destin et sa vie.

Malheureusement, sa force de travail et ses insomnies ont fini par avoir raison de sa santé bien jeune.

Il est l’inventeur du 4 heure à la française. De retour de Londres où il ouvrit le Savoy, trouvant l’idée du Tea Time excellente, mais l’heure trop tardive, il avança le goûter pour le mettre au goût français.

L’auteure n’oublie pas de replacer la vie de César dans son contexte historique, ce qui m’a permis une petite révision non négligeable.

J’ai passé un bon moment au côté de ce Monsieur qui voulait faire rêver les grands de ce monde et qui y a réussi.

L’image que je retiendrai :

Celle des pots des plantes utilisés comme braseros quand le chauffage central de l’hôtel de montagne est tombé en panne.

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman à la fois instructif et divertissant.

Et tu n’es pas revenu – Marceline LORIDAN-IVENS

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Grasset, 4 février 2015, 112 pages

Présentation de l’éditeur :

« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Mon avis :

Un petit livre, tout discret, tout mignon, mais qui cache une grande question : comment vivre après la déportation dans un camp de la mort ?

La narratrice adresse une lettre à son père, tellement peinée d’avoir perdu celle que celui-ci lui avait adressée dans le camp d’Auschwitz où ils étaient déporté ensemble. Perdue la lettre, oublié le texte, sauf l’en-tête et la signature.

Bien sûr, il y a des redites sur le fonctionnement du camp que l’on a déjà lu cent fois ailleurs : pourquoi le nom de Canada pour l’atelier des vêtements ; la manie de Madame Simone Veil de toujours subtiliser les petites cuillères. Mais l’auteur ajoute la déportation avec son père, l’apprentissage avec ce seul repère familial. 

De l’auteure, je ne connaissais rien. Il me tarde maintenant de découvrir son oeuvre cinématographique.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tomate et de l’oignon que le père donne à sa fille la dernière fois qu’il la voit.

Canada – Richard FORD

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Edition de l’Olivier, 22 août 2013, 478 pages

Présentation de l’éditeur :

Great Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Mais le hold-up échoue, les parents sont arrêtés. Dell doit choisir entre la fuite et l’orphelinat.

Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada. Arthur Remlinger, le propriétaire d’un petit hôtel, le prend alors à son service. Charismatique, mystérieux, Remlinger est aussi recherché aux États-Unis… C’est la fin de l’innocence pour Dell.

Dans l’ombre de Remlinger, au sein d’une nature sauvage et d’hommes pour qui seule compte la force brutale, il cherche son propre chemin. Canada est le récit de ces années qui l’ont marqué à jamais.

Mon avis :

C’est bien parce que ce roman fait l’objet d’un Prix et a reçu de très bonnes critiques que je me suis accrochée. Parce que ça partait mal : des redites, beaucoup, un rythme à faire s’endormir un insomniaque, un personnage principal qui ne comprend rien à ce qu’on lui dit et à ce qu’il se passe autour de lui, tout pour me plaire.

Le récit à commencé à m’intéresser dans sa seconde partie, au Canada. Des hommes rudes, un mystère qui plane, et le personnage d’Arthur insaisissable. Seuls quelques indices nous permettent de l’entrevoir, si peu.

J’ai, à ce propos, trouvé l’auteur meilleur dans ses réflexions sur la vie dans cette seconde partie. Il nous démontre ainsi que notre vie telle que nous la vivons n’est faite que de petits instants sans rapports les uns aux autres, s’enchaînant tout simplement dans le temps. L’absence de temps est d’ailleurs l’une des constantes de la vie du personnage au Canada.

Malgré son Prix Femina en 2013, je ne suis pas certaine qu’il me restera grand chose de ce texte d’ici quelques semaines.

L’image que je retiendrai :

Celle de Dell enterrant les deux américains sous l’oeil d’Arthur, ce qui scellera son abandon par celui-ci.

Quelques citations :

« Le prélude aux drames est parfois dérisoire. Charley l’avait dit, mais il pouvait aussi être seulement banal, sans rien de saillant. » (p.412)

« (…) moi étant la constante, le raccord, le coeur de cette logique. Avant de me dire que je bricole, que je bidouille pour inventer une logique, réfléchissez combien le mal est proche de pratiques ordinaires qui  n’ont rien de commun avec lui. » (p.440) 

Il reste la poussière – Sandrine COLLETTE

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Denoël, 25 janvier 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Argentine, plateaux de la Patagonie. Une steppe infinie, balayée par des vents glacés. C’est là que Rafael, dix ans, grandit dans une famille haineuse. Sa mère s’est endurcie autour d’un secret qu’elle a su garder mais qui l’a dévorée de l’intérieur : une nuit, elle a tué leur ivrogne de père et a coulé son cadavre dans les marais. Depuis, elle fait croire que son mari les a abandonnés, et mène son maigre élevage de moutons et de boeufs d’une main inflexible, écrasant ses quatre garçons de sa dureté et de son indifférence.

Mais depuis, aussi, les aînés détestent leur plus jeune frère, né après la disparition du père, et en ont fait la cible de leurs jeux brutaux. Alors Rafael, seul au monde, ne vit que pour son cheval et son chien. Voilà longtemps qu’il a compris combien il était inutile de quémander ailleurs un geste d’affection.

Dans ce monde qui meurt, car les petits élevages sont peu à peu remplacés par d’immenses domaines, la révolte est impossible. Et pourtant, un jour, le jour le plus sauvage et le plus douloureux de la vie de Rafael, quelque chose va changer. Le jeune garçon parviendra-t-il à faire sauter l’étau de terreur et de violence qui le condamne à cette famille ?

Mon avis :

Ouvrir un roman de Sandrine COLLETTE, c’est accepter de se laisser enfermer dans l’univers qu’elle a créé spécialement pour le lecteur. Dans ce dernier opus, elle nous plonge au coeur d’une famille tenue d’une main de fer par la mère. Jamais rien ne va, ses enfants ne travaillent jamais assez, et de distractions, il n’y en a pas.

Même les grands espaces de Patagonie sont hostiles, battus par les vents, et la plaine aride.

Mais la geôlière ne peut tout contrôler, et c’est à partir d’actes malheureux que la vie arrive tout de même à transpercer cet univers reclus.

J’aime la plume de cette auteure, qui casse ses phrases pour y introduire des tournures de langage parlé, rompant ainsi la fluidité de la narration.

J’ai aimé, dans ce roman, le côté initiatique de l’histoire : les chiens s’appellent un, deux et trois ; la famille est composée de 5 membres ; le petit subit l’épreuve de la terre…. Des clins d’oeil qui m’ont parlé.

L’auteure sait à chaque fois créer une ambiance différente tout en reprenant le même thème en toile de fond.

L’image que je retiendrai :

Celle du sac en cuir qui va faire basculer, lui aussi, la vie de la famille.

Dans le grand cercle du monde – Joseph BOYDEN

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Le livre de poche, 30 septembre 2015, 696 pages

Présentation de l’éditeur :

Au XVIIe siècle, dans les espaces sauvages du Canada, les voix d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron et d’une captive iroquoise tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures. Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance.

Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre.

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le chemin des âmes il y a quelques années. Je me réjouissais donc à l’idée de plonger de nouveau dans l’univers de l’auteur.

Qui plus est, le décor et les personnages étaient tentant : des tribus indiennes au Québec et l’arrivée du christianisme. Champlain fait même une apparition.

Mais la sauce n’a pas pris cette fois-ci.

Ca commençait pourtant fort, en pleine bataille hurons-iroquois, avec une captive de l’autre tribu et un captif prêtre.

Oui mais c’est trop délayé alors que l’auteur ne cesse de répéter le but de chacun.

Et puis je n’ai pas retrouvé la petite musique de l’auteur qui m’avait tant plus la fois précédente.

Un abandon.

Illska – Eirikur Orn NORDDHAL

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Editions Métaillié, 20 août 2015, 608 pages

Présentation de l’éditeur :

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays.

L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrière-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre-et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet.

lllska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor.

Mon avis :

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Quel roman que celui-là ; quelle plongée il nous propose dans le monde moderne et sa folie !

Il nous propose bien sûr une réflexion sur le racisme actuel ; sur les parties d’extrême droite en Europe et comment ils s’habillent de frais ; sur la révolution des casseroles en Islande ; sur le couple et la place de l’enfant.

Mais c’est aussi un roman sur la dérive d’un homme, Omar : hacker à la petite semaine, violeur par inadvertance, pyromane sur un coup de colère. Un homme qui doute de lui, toujours, tout le temps. Je me suis attachée à cet homme déboussolé et sans repère, si ce n’est son amour extraordinaire pour Agnes et son fils, lui pardonnant tout et se rendant lui-même sur les traces du passé de sa femme.

Mais c’est avant tout un roman sur le silence : celui qui ne dit pas les exécutions sommaires des Juifs en Lituanie ; celui des points de suspension dans les dialogues entre les personnages ; celui qui règne entre Omar et Agnes.

Une lecture qui m’a toutefois mise mal à l’aise dans les premières pages, mais dont j’ai aimé la construction, les différentes voix qui se chevauchent.

Et le personnage d’Arnor, si attachant, finalement. Le coeur sur la main, cet homme…..

Un grand roman !

L’image que je retiendrai :

Celle des pensées de Snorri depuis sa naissance jusqu’à la fin du roman : un bébé qui nous raconte son monde et ses avancées en grandissant.

Pretty Girls – Karine SLAUGHTER

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Mosaic, 24 février 2016, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

Deux sœurs. Deux étrangères.

Plus de vingt ans auparavant, Julia a disparu à seize ans sans laisser de trace. Depuis, Claire et Lydia, ses sœurs, ne se sont plus parlé. Seule la haine farouche qu’elles nourrissent l’une pour l’autre les rapproche encore. La haine, et le désespoir : jamais elles ne se sont remises de la tragédie qui a fracassé leur famille.  Deux événements violents vont venir cruellement raviver leurs blessures mais aussi les obliger à se confronter : l’assassinat du mari de Claire, et la disparition d’une adolescente.

A tant d’années de distance, ces événements ont-ils un lien quelconque avec Julia ? Lasses de se faire la guerre, Claire et Lydia plongent dans la noirceur du passé familial. Une spirale sanglante…

Mon avis :

Si j’ai aimé la première partie du roman, j’avoue que la seconde, trop bavarde, m’a lassée.

On sait qui est le coupable, on sait comment il agit, alors pourquoi vouloir délayer la sauce encore et encore…..

C’est le premier roman que je lis de cette auteure. L’idée de départ est originale, et l’auteure m’a fait douter plusieurs fois sur le nom du coupable.

Malgré tout, j’ai passé la fin en avance rapide, en sachant que tout finirait bien, de toute façon.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine en marbre dans la propriété, une hérésie car en été, le marbre brûle les pieds.

Je remercie Babelio et son opération Masse Critique qui m’a permis de découvrir ce roman en avant-première.

Genmaïcha – Palais des thés

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Genmaicha est un étonnant mélange de bancha, de riz grillé et de maïs soufflé, traditionnellement consommé au Japon. Le Genmaicha est également très désaltérant, il accompagne agréablement un repas salé.

Son infusion donne un parfum savoureux et un goût de céréales grillées qui en fait un thé très apprécié de ceux qui ne sont pas habitués au thé vert.

Liqueur :
Couleur : vert/jaune. Texture en bouche : souple en bouche. Saveurs : légère acidité.
Arômes : grillé, céréale en attaque, soutenus par des notes fraîches végétales.
Profil aromatique et longueur en bouche : présent dès l’attaque. Longueur moyenne.

Mon avis :

Un thé que j’aime beaucoup en fin de matinée, avec un petit goût salé (je ne mets jamais de sucre dans mon thé).

Très désaltérant.

Dust – Sonja DELZONGLE

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Denoël, 2 avril 2015, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

Quelque part en Afrique, la mort rôde…

2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s’amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d’une longue série.

2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.

Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profiteuse de renom, va s’emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l’envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultramodernité et superstitions. Mais elle ne s’attend pas à ce qu’elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d’albinos vont l’emmener très loin dans les profondeurs du mal.

Mon avis :

Un thriller de bonne facture qui nous emmène au Kenya et nous fait découvrir la médecine « parallèle », faite de croyances d’un autre temps et utilisant sorcellerie et fétiches.

L’auteure base son récit sur le problème des albinos africains, pourchassés et mutilés, et dont les membres réduits en poudre sont revendus à des charlatans. Cette poudre est censé procurer force et vigueur.

Le personnage principal est une profileuse seule, sans acolyte masculin. Qui plus est, elle préfère les femmes. On est loin du privé alcoolique et divorcé.

Une nouvelle voix intéressante dans l’univers du polar.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison de Karen Blixen qu’Hannah visite à la fin de son séjour. Un panorama merveilleux.

[Kokoro] – Delphine ROUX

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Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Seki pense que j’ai l’âge mental d’un gosse de dix ans, tout au plus, qu’il faudrait que je pense à grandir, à agir en homme.

Le mot homme a peut-être été inventé pour d’autres que moi.

Il ne fait pas partie de mon dictionnaire intime.

Dans ce roman se fait entendre une voix ténue et obstinée, attentive aux mouvements subtils de la nature et des âmes.

Koichi et sa soeur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie. Depuis, ils ont le coeur en hiver.

Seki s’est réfugiée dans la maîtrise et la réussite professionnelle. Corset diaphane à l’abdomen, stalagmites au coeur. Le début de l’ère glaciaire.

Koichi, lui, s’est absenté du monde, qu’il regarde en proximité.

Mais le jour où il apprend que sa soeur va mal, très mal, Koichi se réveille et pose enfin les actes qui permettront à chacun de renouer avec un bonheur enfoui depuis l’enfance.

Mon avis :

Un roman très doux sur les relations entre un jeune homme et sa grand-mère à qui il apporte de bons gâteaux dans sa maison de retraite si triste.

La non-communication avec sa grande soeur, jusqu’à la dépression de celle-ci.

Seki attend et sait prendre le temps depuis la mort brutale de ses parents, un soir, au théâtre.

L’image que je retiendrai :

Celle des gâteaux plein de chantilly que Seki teste avant de les apporter à sa grand-mère.

Une citation :

« Je savais qu’il faudrait du temps pour que les chocs de toutes ces années sourdes se muent en cicatrices douces au toucher. Je me disais qu’un jour viendraient les paroles libres, tranquilles. » (p.98)

Merci Pati pour cette très douce idée de lecture. Lydie a aimé aussi.

Appelez-moi Lorca Horowitz – Anne PLANTAGENET

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Stock, 1er janvier 2016, 216 pages

Présentation de l’éditeur :

« Je voulais comprendre comment Lorca Horowitz avait mis en place son plan d’anéantissement sans éveiller le moindre soupçon, et avait osé monter une à une, sans jamais reculer ni même hésiter, les marches qui la menaient droit à son crime. Je voulais comprendre pourquoi elle l’avait fait. Mais surtout en quoi cela me concernait, me touchait. Qu’avais-je à voir là-dedans ? »

Mon avis :

L’auteure nous propose une plongée dans un fait divers : une secrétaire nouvellement embauchée par bonté d’âme copie sa patronne au point de lui ressembler tout en détournant les fonds de l’entreprise à son propre profit.

Les chapitres alternent entre l’auteur essayant de comprendre son attirance pour ce fait divers spécifique, et la voix de Lorca qui raconte son histoire depuis son embauche jusqu’à son arrestation.

L’occasion pour l’auteure de revenir sur le genre du fait divers en littérature, mais aussi de nous parler de la rupture amoureuse qui fait perdre la tête. Lorca n’étant qu’un personnage venant illustrer son propos. Ou peut-être le double de l’auteure, celle qu’elle serait devenu après un chagrin d’amour fatal.

Une lecture plaisante dans laquelle monte le suspens.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rocio, la patronne de Lorca, la croisant sur la Côte d’Azur pendant ses vacances et qui finit de lui faire perdre la tête.

Je remercie l’opération Masse Critique de Babelio

ainsi que les éditions Stock pour l’envoi de ce roman.

Les rues de Santiago – Boris QUERCIA

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Le livre de poche, 3 juin 2015, 168 pages

Présentation de l’éditeur :

Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n’a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c’est qu’il est flic. Il est sur le point d’arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et les délinquants inexpérimentés font toujours n’importe quoi…

Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d’une arrestation musclée, Santiago Quiñones, erre dans les rues de sa ville, Santiago du Chili, en traînant son dégoût. C’est ainsi qu’il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé.

Mon avis :

Lorsqu’un auteur Sud Américain vous met son livre dans les mains en vous demandant de le lire avec un accent à tomber par terre, vous ne pouvez pas refuser. Quand, en plus, il vous fait une jolie dédicace dans sa langue, vous lui dites merci.

J’ai passé une bonne après-midi à lire ce court roman noir policier. Rien de bien nouveau sous le soleil, bien que dans ce récit, ce soit l’hiver au Chili.

L’image que je retiendrai :

Celle de Santiago mangeant des hamburgers et buvant des bières en terrasse en plein hiver. Les après-midis sont chaudes et les matinées froides au Chili.

Edea a bien aimé également.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace lors des rencontres Sang d’Encre à Vienne.

Profession du père – Sorj CHALANDON

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Grasset, 19 août 2015, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

« Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider. 
Je n’avais pas le choix. 
C’était un ordre. 
J’étais fier. 
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »

Mon avis :

Oui, ce roman raconte la folie du père. Mais le personnage qui m’a la plus intéressé, c’est le seul personnage féminin du roman : la mère.

Elle n’est jamais loin, toujours inquiète et pourtant silencieuse. Mise à l’écart par le père, elle sait pourtant tout ce qui se passe dans la maison.

A-t-elle réellement conscience de la folie de son mari ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour le couvrir et le dédouaner ? Son dernier geste, celui qui clôt le roman, lui donne finalement le mot de la fin.

Un personnage qui m’a dérangé, vraiment.

Quant au reste du roman, je l’ai trouvé trop journalistique, mais c’est le reproche que je fais habituellement à l’auteur : des faits, encore des faits, des descriptions de faits, un brin d’humour, rarement. Et puis c’est tout. Un peu court tout de même.

J’ai toutefois aimé la phrase du père qu’il aime répéter : « Dans une cellule, il y a un mur de trop« , sans doute le quatrième ?…..

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère dormant sur le palier après être allée écouter Les Compagnons de la Chanson, ce que son mari refusait qu’elle fasse.

D’après une histoire vraie – Delphine de VIGAN

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JC Lattès, 26 août 2015, 484 pages

Présentation de l’éditeur :

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.»

Mon avis :

J’aime lire les oeuvres de fiction de cette auteure, ses deux précédentes (auto)-biographies m’ayant déçues.

C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé sa plume efficace, qui maîtrise les codes du genre suspens. Cela se sent, mais qu’à cela ne tienne, le propos de l’écrivain est ailleurs.

Celle-ci interroge les effets de réels dans la narration, pour finir par aborder les « effets de fiction » dans cette même narration.

Mais peu importe que ce soit vrai ou faux, ce qui compte, c’est l’histoire et ce que l’auteure nous dit de la vie, de la société qui nous entoure. Peu importe l’écrivain, seul son texte compte, que la narratrice redécouvre elle-même avec le recul et un point de vue différent.

J’ai aimé le personnage de L. qui, grâce à ses techniques, est capable de produire n’importe quelle sorte de textes crédibles.

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage principal descendant dans la cave de sa maison de campagne : le lecteur s’attend à ce qu’on l’enferme dedans….

Une citation :

« (…) de certains mots, de certains regards, on ne guérit pas. Malgré le temps passé, malgré la douceur d’autres mots et d’autres regards. » (p.317)

Le contrat Salinger – Adam LANGER

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Super 8 éditions, 19 août 2015, 311 pages

Présentation de l’éditeur :

Signez, vous ne risquez rien, ou presque…

Journaliste désabusé, Adam Langer retrouve un jour une vieille connaissance : Conner Joyce, auteur de thrillers en perte de vitesse en pleine promotion de son dernier roman. Ce dernier lui confie avoir reçu une offre ahurissante : un homme d’affaires richissime, lui a proposé d’écrire un roman rien que pour lui moyennant une somme colossale. Seule particularité, le contrat s’assortit de certaines clauses assez particulières : 1/ le livre rejoindra la collection privée d’exemplaires uniques de l’homme d’affaire, pour lequel ont déjà travaillé des écrivains aussi prestigieux que Thomas Pynchon, Norman Mailer ou J. D. Salinger… et n’en sortira jamais. 2/ Le propriétaire se réserve le droit d’exiger de l’auteur quelques modifications de son cru. 3/ l’accord doit rester absolument secret. Bientôt, et tandis qu’un Conner visiblement aux abois s’obstine à tout raconter à son ami – lequel se passerait bien de ces révélations –, l’histoire prend une tournure des plus inquiétantes : l’offre n’a évidemment rien de philanthropique, et le contrat désormais signé aura des conséquences imprévues.

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir l’auteur des Voleurs de Manhattan, qui se situait déjà dans le monde de l’édition. Cette fois-ci, nous suivons l’auteur d’un seul livre, reconverti dans le journalisme, mais qu’il a finalement abandonné pour suivre sa femme universitaire dans une petite ville de province.

Mais l’essentiel de l’action se situe surtout entre le célèbre auteur Conner et son mystérieux commanditaire Dex. J’ai aimé cet homme richissime qui paye des auteurs pour lui écrire un seul roman qui ne sera jamais publié.

Quant au propos de l’auteur, il pose la question de qui manipule qui ; qui ment réellement dans cette histoire. (Décidément, le mensonge me poursuit en ce début d’année, faut-il y voir un signe ?….)

Une histoire sympathique et bien menée. J’ai passé un excellent moment à tourner les pages pour tenter d’en savoir plus, au vue de informations distillées par l’auteur au compte-gouttes.

Une lecture qui m’a tout de même donné envie de relire L’Attrape -coeur de Salinger.

L’image que je retiendrai :

Celle de la clé USB de l’auteure à succès Margot avec des diamants dessus, contenant son dernier opus top-secret.

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Les petites filles – Julie EWA

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Albin Michel, 4 janvier 2016, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village.

Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…

Mon avis :

Premier roman de cette jeune auteure de 24 ans, ce roman nous emmène dans un village reculé de Chine dans une tribune Han.

Le récit alterne entre années 70 et présent, le personnage principal de Lina menant son enquête en 2013. Or, dans les années 70 en Chine était pratiqué la politique de l’enfant unique.

Bien sûr, l’auteure nous décrit le meurtre des petites filles à leur naissance, ou leur abandon quelques années plus tard, lorsqu’un fils est né. Mais l’auteure va plus loin qui nous fait découvrir également le trafique qui en découle.

Même si j’ai trouvé le début assez lent, j’ai aimé suivre Lina et me demander qui était le méchant dans l’histoire, car l’auteure sait brouiller les pistes. Le suspens monte crescendo  et je m’y suis laissée prendre.

Une auteure à suivre.

L’image que je retiendrai :

Celle des faussées dans lesquels sont retrouvés les petites filles de tous âges, mortes ou vivantes.

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman à suspens qui m’ captivé ce week-end.

Les oreilles de Buster – Maria ERNESTAM

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Gaïa, 4 septembre 2011, 409 pages

Présentation de l’éditeur :

Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi ta cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée. 

Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime. 

Mon avis :

Je le reconnais, la couverture cul-cul la praline m’a longtemps tenue éloignée de ce roman. Et c’est fort dommage.

Une lecture qui m’a passionnée : le personnage d’Eva, d’abord enfant puis jeune fille amoureuse ; sa mère imprévisible ayant toujours un commentaire acerbe à faire ; le village dans lequel vit Eva maintenant avec ses habitants sympathiques et si bien campés.

Ceci dit, il ne fait pas bon vieillir en Suède…

Même si j’avais deviné le secret des rosiers d’Eva, je ne pensais pas qu’elle avait transformé cette souffrance d’enfance en si jolies pensées.

Son histoire d’amour malheureuse m’a émue.

Et le personnage de Sven est resté un mystère jusqu’au bout.

Sans oublier les fameuses oreilles, glissées sous un coin d’oreiller. Une petite fille qui a su vaincre ses peurs, sa vie en dépendait, mais qui est tout de même restée une jeune fille et une femme sensible.

Une bien belle lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle du collier et du pendentif en forme de rose qu’offre John à Eva, signe de son amour.

Amnésie – Serge RADOCHEVITCH

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Témoins, 6 octobre 2015

Présentation de l’Oncle Paul :

A la suite d’un accident de voiture, Pierre-Julien Renouart est devenu amnésique. Il ne se souvient de rien mais n’a pas tout oublié. Il parle, sait lire, écrire, compter, de quoi se débrouiller dans sa nouvelle vie.

Mais à part ça, il lui faut tout réapprendre. Son nom, d’abord, renouer avec ses parents, son frère Régis, son divorce, tous ces petits événements qui marquent une vie. Régis, par exemple, aujourd’hui marié, tiens il ne le savait pas. Normal parce qu’ils sont brouillés depuis dix ans, depuis qu’il a fichu à la baille ce frangin qui avait osé gagner contre lui un match de tennis. Un match important alors que d’habitude Régis perdait tout le temps. Et ce n’est pas parce que son frère était plus jeune de quatre ans, mais parce que lui Julien était le meilleur sur le papier et qu’une jeune fille qui était venue le voir était partie à la fin en le méprisant. Du moins c’était ce qu’il avait ressenti. Seulement Julien était agressif, ne s’était pas maîtrisé, et son ménage avait capoté aussi à cause de sa violence.

Pierre-Julien a décidé qu’il s’appelait Julien, tout court, Pierre devenant son double, son ectoplasme, celui avec qui il peut converser en tête à tête. Au moins personne ne le contredit. Un retour dans la famille raté, mais cela ne le gêne pas outre-mesure. De même que son retour à la vie civile comme agent immobilier, ses congés de maladie empiétant sur son travail. D’ailleurs son patron ne se gêne pas pour lui signifier un congé définitif et il peut aller voir ailleurs si quelqu’un désire l’embaucher.

Alors il traîne dans les bars, fait des rencontres. Notamment Bobosse. Mais également Michèle, jeune journaliste que cette histoire d’amnésie intéresse. Il lui narre ses mésaventures et bientôt ils seront proches, très proches. Elle est tombée amoureuse, ce sont des choses qui arrivent. Il est également abordé par Daniel qui se promène avec un cartable en cuir. Dedans, un manuscrit que Julien récupère. Mais Daniel disparait. Julien exhibe fièrement son manuscrit et Michèle qui en ignore la provenance propose de le soumette à un éditeur. Edité ce roman connait un gros succès.

Son statut d’amnésique intéresse les bourgeois nancéiens et Julien est invité sans discontinuer. Il fait figure de bête curieuse, pourtant un soir, un homme portant beau le prend à part et affirme que comme lui, Julien est un tricheur.

Cependant Michèle se pose des questions. Est-il amnésique, un peu, beaucoup, ou pas du tout ? Le succès littéraire engendre des rentrées d’argent et Julien peut s’installer en dehors de Nancy dans une propriété. En compagnie de Michèle il se promène dans les environs, dans un bois proche, près d’un précipice. Estimant celui-ci dangereux il pose un grillage. Mais celui-ci n’est pas assez efficace, car un jour Michèle est découverte morte, en bas de l’abîme. La clôture a été défoncée. Acte de malveillance ? Accident ?

Lydia, la sœur de Michèle n’est pas convaincue de cette dernière hypothèse. Elle en fait part à un policier qui n’en peut guère, toutefois il demande à Simon Bielik, un ami journaliste, de fouiller dans cette histoire et de se faire une opinion.

Julien continue de vivre normalement, retrouvant de temps à autre Bobosse, son ami de beuverie. Il croit apercevoir Daniel. Le véritable auteur du manuscrit ne serait-il pas décéder ? Une question qui le taraude. Mais Simon Bielik est à l’affût.

Mon avis :

J’aurais voulu apprécier ce texte comme l’Oncle Paul. Malheureusement, je lui ai trouvé pleins de défauts : le style si particulier qui non seulement adopte les focalisations de tous les personnages, mais en plus utilise le « je » après avoir changé de focalisation. A y perdre son latin.

J’ai trouvé les personnages inconsistants, seule Michèle m’a paru attachante.

Si vous habitez la région de Nancy, ce texte vous plaira sûrement.

Merci tout de même, Oncle Paul, de m’avoir fait parvenir ce roman. Son article ici.

Le vieil homme et le mer – Ernest HEMINGWAY

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Futuropolis, 9 octobre 2014, 128 pages

Présentation de l’éditeur :

La mer abrite des millions de poissons, mais le vieux pêcheur n’a rien pris depuis quatre-vingt-cinq jours. Le Vieil Homme et la mer, durant trois jours entiers, se retrouvent face à face.

Rare élément féminin dans ce récit qui oppose deux volontés viriles et où la douceur maternelle provient d’un gamin, la mer est le lieu du lien. Lien entre le vieil homme et l’espadon, entre le pêcheur et la vie, lien entre le retour et le départ, l’eau est un lieu de séjour transitoire entre la vie et la mort. A peine un purgatoire, car l’on imagine mal cet homme à l’âme sublime avoir commis aucun péché, la mer fait surgir en lui des sentiments d’amour profond, de respect pour la vie, mais aussi de manque et de lassitude.

Mon avis :

Un dessin sobre, deux cases par page, tout en couleurs : le bleu si beau de la nuit, le rouge et jaune de l’Afrique, l’orange de Cuba.

Un enfant qui raconte l’histoire du pêcheur aux prises avec un poisson plus gros que lui, plus gros que la vie.

Une lecture marquante par son graphisme.

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L’autre fille – Annie ERNAUX

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NIL, 3 mars 2011, 77 pages

Présentation de l’éditeur :

Yvetot, un dimanche d’août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors, au soleil, sur le chemin caillouteux de la rue de l’École. Sa mère sort de l’épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d’elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d’une confidence inouïe se gravent à jamais dans la mémoire d’Annie.

Avant sa naissance, ses parents avaient eu une autre fille. Elle est morte à l’âge de six ans de la diphtérie. Plus jamais Annie n’entendra un mot de la bouche de ses parents sur cette sœur inconnue. Elle ne leur posera jamais non plus une seule question.

Mais même le silence contribue à forger un récit qui donne des contours à cette petite fille morte. Car forcément, elle joue un rôle dans l’identité de l’auteur. Les quelques mots, terribles, prononcés par la mère ; des photographies, une tombe, des objets, des murmures, un livret de famille : ainsi se construit, dans le réel et dans l’imaginaire, la fiction de cette  » aînée  » pour celle à qui l’on ne dit rien.

Reste à savoir si la seconde fille, Annie, est autorisée à devenir ce qu’elle devient par la mort de la première. Le premier trio familial n’a disparu que pour se reformer à l’identique, l’histoire et les enfances se répètent de manière saisissante, mais une distance infranchissable sépare ces deux filles.

C’est en évaluant très exactement cette distance que l’auteur trouve le sens du mystère qui lui a été confié un dimanche de ses dix ans.

Mon avis :

Comment gérer émotionnellement la mort de son enfant de 10 ans ? Les parents d’Annie ont fait le choix de refondre leur famille à l’identique, cachant au second enfant l’existence (et la mort) du premier.

Dans sa lettre à sa soeur défunte, l’auteure nous parle de ses parents, de son rapport à eux. Un rapport forcément compliqué et silencieux.

Une très belle lettre pour pardonner le secret de famille échappée un dimanche.

L’image que je retiendrai :

Celle du lit dans lequel dort Annie et dans lequel avait dormi sa soeur avant elle.

Une citation :

« Lutter contre la longue vie des morts. » (p.77)

Boussole – Mathias ENARD

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Actes Sud, 19 août 2015, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Insomniaque, sous le choc d’un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d’une vie de voyages, d’étude et d’émerveillements.

Inventaire amoureux de l’incroyable apport de l’Orient à la culture et à l’identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d’influences artistiques pour panser les plaies du présent.

Mon avis :

Les boussoles ne servent pas toutes à indiquer le Nord. En l’occurrence, celle qu’offre Sarah au personnage principal indique l’est.

A la manière d’un Marcel Proust insomniaque, le narrateur nous donne à voir l’Orient depuis sa propre porte à Vienne : il nous emmène en Turquie, puis en Iran. Tel la Shéhérazade des Mille et Une nuits, il nous tient en haleine par son phrasé envoûtant parsemé de références musicales : celles des compositeurs européens jouant l’Orient, et celle des musiciens orientaux.

Il est également question de poésie et de grands écrivains qui, tel Hugo, prennent parfois leur inspiration à l’est du Bosphore.

L’auteur démontre ainsi qu’Orient et Occident sont entremêlé depuis toujours.

J’ai découvert que le premier vampire est né sous la plume d’un écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, avec son roman Carmilla.

L’auteur parle souvent de Hammer-Purgstall, autrichien grand traducteur de littérature orientale et considéré comme l’un des fondateur des études scientifiques de l’Empire ottoman.

Sans oublier le Divan de Hafez, ses oeuvres complètes qui regroupent plus de 900 poèmes, et qui ont influencés Goethe, entre autre.

Je n’ai pas cherché à comprendre toutes les références de l’auteur, je me suis laissée porter par sa plume de conteur, et ce fut un très beau voyage.

L’image que je retiendrai :

Celle du manque de communication entre Sarah et Franz, s’attendant l’un l’autre de chaque côté de la porte.

Quelques citations :

« Depuis Chateaubriand, on voyage pour raconter : on prend des images, support de la mémoire et du partage. » (p.102)

« Sur toute l’Europe souffle le vent de l’altérité, tous ces grands hommes utilisent ce qui leur vient de l’Autre pour modifier le Soi, pour l’abâtardir, car le génie veut la bâtardise, l’utilisation des procédés extérieurs pour ébranler la dictature du chant d’église et de l’harmonie. » (p.121)

« Il n’en reste pas moins que nous devons à l’Empire ottoman et à un de ses plus éminents diplomates un des joyaux de la peinture érotique européenne. » (p.284)

A ce stade de la nuit – Maylis de KERANGAL

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Verticales, 15 octobre 2015, 80 pages

Présentation de l’éditeur :

Lampedusa. Une nuit d’octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster- héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry- puis, comme par ressac, la fin de règne de l’aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : Le naufrage d’un bateau de migrants.

Mon avis :

Finalement, je tente de nouveau de lire l’auteure, dont j’avais abandonné Naissance d’un pont il y a quelques années. Ce texte court en est l’occasion.

Je dois dire que je suis agréablement surprise, je peux dire que j’ai aimé cette méditation d’une nuit.

Lu d’une traite, l’écrivain a su me faire entrer dans ses méditations à la limite du songe, à l’heure où les pensées et les images s’enchainent sans ordre.

Oeuvre de commande pour la Fondation Facim (Fondation pour l’Action Culturelle Internationale en Montagne), Maylis de Kerangal nous parle surtout des paysages qui ont bercé notre vie, des lieux reliés à notre parcours personnels.

Une belle et douce lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’arrivé en bateau sur l’île de Stromboli de la narratrice, avec son enfant dans les bras, pour rejoindre un homme.

Sanguinaires – Denis PARENT

sanguinaires

Robert Laffont, 7 janvier 2016, 360 pages

Présentation de l’éditeur :

A cinquante ans, Hugo, batteur professionnel, vit dans la maison familiale, face aux îles Sanguinaires, un archipel à l’entrée du golfe d’Ajaccio. Entre deux tournées et deux enregistrements sur le continent, il veille sur sa lignée et son jardin. Son fils de vingt-huit ans et son petit-fils vivent avec lui.

Sébastien est barman, ancien taulard, ancien toxico. Vittorio finit son année de CM2. Ils n’ont pas de femmes dans leur vie. Un matin, Sébastien est abattu de plusieurs balles par des tueurs en moto sur la terrasse du bar où il travaille. A Ajaccio, tout le monde soupçonne une famille de voyous d’être les commanditaires de ce meurtre. Hugo, fou de douleur, met son petit-fils à l’abri au village, dans la montagne.

Le soir même, il tente de se venger du clan rival. Mais au moment de tuer, il renonce. Le lendemain il charge son van, prend le ferry et part sur le continent avec Vittorio. Sur les routes du Sud-Ouest, dans les Cévennes, le Quercy et jusque dans les Landes, jouant dans des fêtes votives, parmi les vacanciers et les ruraux, Hugo et Vittorio cherchent la mère de l’enfant. Mais ils sont suivis. Par un tueur. Par un ange gardien. Hugo fera tout pour sauvegarder ce qui reste de sa famille décomposée. Tout.

Mon avis :

Une lecture exigeante, hachée et pourtant pleine de poésie. Les inventions de mots de Vittoriu sont de vraies réussites.

Pourtant, le style n’est pas au service du récit, dans ce roman. A trop réfléchir sur les mots, la fluidité de l’histoire en pâti. Beaucoup.

Seule l’amour que l’on ressent entre un grand-père, son fils et son petit fils m’a touché. 

Malgré tout, j’ai également aimé le personnage de Seb, qui nous parle après son assassinat.

L’image que je retiendrai :

Celle des îles sanguinaires qui donnent leurs noms au roman.

Un fond de vérité – Zygmunt MILOSZEWSKI

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Mirobole Editions, 6 janvier 2015, 472 pages

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté son travail de procureur à Varsovie et débarque dans la paisible bourgade de Sandomierz, où il compte bien refaire sa vie. Mais six mois à peine après avoir abandonné l’agitation de la capitale et l’asphyxie de son mariage, il s’ennuie déjà.

Heureusement, devant l’ancienne synagogue de la vieille ville, du travail l’attend : un corps de femme drainé de son sang, tout comme dans un rite sacrificiel juif…

Lorsque le mari de la victime subit le même sort, la population de la ville renoue avec des peurs vieilles de plusieurs décennies. Aux prises avec une flambée d’antisémitisme sans précédent, Szacki va devoir plonger dans un passé aux échos douloureux, et tenter de trouver la vérité dans une histoire qui déchaîne toutes les passions.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Les impliqués, premier roman de l’auteur. Je retrouve avec plaisir son personnage principal dans une nouvelle enquête.

Je ne connais pas la Pologne, mais l’auteur m’a donné envie de découvrir la ville de Sandomierz au printemps.

Outre le fait que tout le monde ment, Teodore cherche toujours le fond de vérité dans chaque déclaration.

Ne vous y méprenez pas, il y a aussi de l’action dans ce roman. Mais pas de poursuite en voiture, ouf !

L’auteur s’appuie cette fois-ci sur la vieille légende polonaise du « Prix du sang » : les Juifs auraient pour coutume d’enlever les enfants polonais pour fair leur pain azyme (si, si, c’est une légende urbaine qui a vraiment existé). Impressionnant !

L’action se déroule sur quelques jours, et l’auteur se plait, avant chaque début de journée, à nous rappeler les faits marquants du jour, ainsi que la météo.

L’image que je retiendrai :

Celle des galeries souterraines de la ville, creusées dans du loess par les habitants au fil des ans pour y cacher leurs trésors.

Je remercie l’auteur qui parle très bien français pour sa dédicace fleurie lors du salon Sang d’encre à Vienne en novembre 2015.

Au-delà de 125 palmiers – Pauline DESNUELLES

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La Remanence, 17 avril 2015, 108 pages

Présentation de l’éditeur :

Alma mène une existence routinière avec son jeune fils Léopold et son mari. Lorsque ce dernier part pour de longs mois en Antarctique à l’occasion d’une mission scientifique, l’univers de la jeune femme vacille. Accompagnée de Léopold, auquel la lie un amour fusionnel, elle fuit la ville et roule sans se retourner. Ils s’installent dans une vieille villa au bord de la Méditerranée. Elle y fait la connaissance d’un vieillard mythomane, écrivain esseulé, puis de son fils Gaspard.

Sous le charme des Pyrénées-Orientales, Alma se laisse aller à goûter cette douce échappée. Peu à peu, elle se libère de sa fragilité, de sa retenue, et se réconcilie avec une sensualité longtemps enfouie au plus profond d’elle-même. Elle sent alors renaître en elle des forces intérieures, comme resurgissent à l’esprit les paysages oubliés.

Mon avis :

Un personnage principal tout en douceur, lié à son fils par un lien maternel fort. Un mari absent dont on sent que le caractère autoritaire a fait perdre pied à Alma, au fil des jours.

J’ai aimé ce retour aux sources, ce retour au pays de l’enfance et de la mer. Alma se lance même dans l’apprentissage de la planche à voile.

J’ai aimé lire cette renaissance lente.

Seule la fin, incertaine, m’a déçue. Mais sait-on de quoi l’avenir sera fait ?…..

L’image que je retiendrai :

Celle des histoires lues à Léopold chaque soir, dont l’une ouvre le récit.

Merci Yv pour ce beau livre voyageur avec lequel j’ai passé une belle après-midi hors du temps. Hélène a un avis plus mitigé, il s’envole maintenant vers Zazy…

Une Belle et Heureuse Année 2016

Je vous souhaite une Belle et Heureuse Année 2016

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La Thé Box

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Le Père-Noël a bien garni mes souliers cette année, sans doute parce que j’ai été très sage et toujours d’humeur égal (j’entends que l’on rit dans le fond….)

Chez ma Petite Soeur, il a déposé une Thé Box de Noël.

A l’intérieur, plein de bonnes choses, regardez un peu :

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Du thé vert, du thé vert et bleu, du thé blanc, du thé noir, du thé de grandes maisons, du thé de maisons que je ne connais pas, mais aussi quelques gourmandises. Et un livret de découverte.

Le tout dessiné par Evelyne Mary.

De belles fêtes de Noël à vous……

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Je vous souhaite de Belles Fêtes de Noël….

Jappeloup – Max L’HERMENIER

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Jungle Editions, 11 novembre 2015, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Comme tous les garçons de son âge Pierre est un jeune écolier, fan de football. Un jour, alors qu’il dispute un match avec ses amis, le ballon atterrit dans une prairie plus loin. Le jeune Pierre part alors à la recherche du ballon sans se douter qu’il va faire la plus belle rencontre de sa vie… Celle de Jappeloup !

À eux deux, ils marqueront à jamais l’histoire du sport équestre. Mais avant de rêver de médailles, ils devront d’abord apprendre à se connaître, se faire confiance et relever les premiers défis qui vont se dresser sur leurs routes.

Mon avis :

De Jappeloup et de Pierre Durand, je connaissais l’histoire grâce au film homonyme.

C’est au tour de la BD de se pencher sur ce duo de choc.

Une graphie très travaillée et toute en rondeurs, des cases très visuelles, un livre qui plaira aux enfants et ados fans de chevaux pour leur faire découvrir cette belle aventure.

Un carnet de fiches pédagogiques en fin de volume pour les néophytes comme moi.

Je remercie Babelio et l’opération Masse Critique pour l’envoi de cet album.

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